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40 ans, plus toutes ses dents et les sagesses carriées.
A dormi avec le maillot CMDP dès l'âge de 7 ans.
Aime les choses faites sérieusement par les gens qui ne se prennent pas au sérieux.
Buteur technique sur le déclin physique.
Egaré ici-bas, comme je me serai égaré sans doute n'importe où.
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C'était la guerre (1914-1918)
Des morts... des morts... des anciens et des encore chauds. 35 pays participant, de près ou de loin ! Tu veux des chiffres ?... 10 000 000 de morts. 3 595 000 blessés. 56 000 amputés. 65 000 gueules cassées. Rien qu'en France 930 ha de cimetières militaires, de la bonne terre à betterave avec seulement des croix qui poussent dessus. Si tous les morts Français défilaient en rang par quatre pour le 14 juillet, il ne faudrait pas moins de 6 jours et 5 nuits avant que le dernier ne nous montre sa face livide.

[...] Nous allions par là-bas, où l'on meurt, où l'on est défiguré, haché, déchiré... Et nous y allons... au pas, au son des cuivres aigus. Nous portons dans nos cartouchières la mort [...] Nous sommes un énorme troupeau de formidables douleurs [...]
(Henri-Désiré Gauthé - Soldat 2e classe)

[...] J'étais l'autre jour dans les tranchées. Je n'ai jamais rien vu d'aussi horrible. Ils avaient étayé leurs tranchées avec des morts recouverts de terre, mais avec la pluie, la terre s'éboule et tu vois sortir une main ou un pied, noirs et gonflés. [...] Et les "joyeux" y suspendaient leurs musettes, et on rigole de se servir d'un cadavre boche comme porte-manteaux. [...]
(Michel Taupiac - 58e Régiment, 48e Batterie)

[...] Je trainais de nuit vers les lignes, mon fardeau de pièces sur le dos ; je défaillais ; dans ma bouche, dans mes narines ce goût, cette odeur ; l'ennemi et le Français sympathisant dans le rictus suprême, dans l'accolade des nudités violées, confondus, mêlés dans cette plaine de folie hantée, dans ce gouffre traversé de rafales vociférantes. L'Allemand et le Français pourrissant l'un dans l'autre [...] Oh ma Georgette, je devrais te parler d'amour, et je te parle de ça ! [...]
(Maurice Drans - 262e Régiment d'Infanterie)

[...] "Champ de Bataille" ai-je dit plus haut. Non pas champ de bataille, mais champ de carnage. Car les cadavre ce n'est rien. En ce moment, j'ai déjà oublié leurs centaines de figures gimaçantes et leurs attitudes contortionnées. Mais ce que je n'oublierai jamais, c'est la ruine des choses [...]
(René Jacob - Tombé pour la France, Verdun 1916)

(A gauche les lignes Françaises, à droite les lignes allemandes, au milieu 50 mètres d'absurdités)
[...] Avant-hier, Français et Allemand se sont serrés la main. [...] le 12 au matin, les boches arborent un drapeau blanc et gueulent "Kamarades, Kamarades, rendez-vous". ils nous demandent de nous rendre "pour la frime". Nous de notre côté, on leur en dit autant ; personne n'accepte. Ils sortent alors de leurs tranchées, sans armes, rien du tout, officiers en tête ; nous en faisons autant et cela a été une visite d'une tranchée à l'autre, échange de cigares, cigarettes, et à cent mètres d'autres se tiraient dessus [...]
(Gervais Morillon - Mort pour la France mai 1915)

[...] La nuit s'avance, comme je souffre, je pense alors à mes parents, surtout à ma mère, comme quand j'étais malade et que j'étais tout petit, et je ne suis pas le seul à penser à ma mère, car j'entends les blessés et les mourants appeler leur maman [...]
(Désiré-Edmond Roland - 10e Compagnie, 77e Régiment d'Infanterie)
Textes extraits de "Paroles de Poilus" (Ed. Librio) et " C'était la guerre des tranchées" (Ed. Casterman)
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